Chronique 160 - Le culte de la psychopathie
L'insensibilité n'est pas un défaut du système. C'est son critère de sélection.
L'insensibilité est devenue une compétence professionnelle.
Ça paye mieux que la gentillesse, ça monte plus vite, et ça ne rend de comptes à personne.
Ce tri est documenté, mesuré, publié.
Et ce qui n'était qu'un tri silencieux est en train de devenir un discours politique.

UNE MÉCHANTE ÉCHELLE
Quand on entend le mot "psychopathe", on voit un visage.
Celui du tueur des séries télé.
Froid, brillant, manipulateur, enfermé quelque part.
Cette image est confortable.
Elle range le problème dans une case, et la case est très loin de nous.
Elle est fausse.
En 2006, une équipe de chercheurs menée par John Edens a posé une question toute simple : existe-t-il vraiment deux catégories d'êtres humains, les psychopathes d'un côté, les autres de l'autre ?
Pour le savoir, ils ont évalué 876 personnes, détenus et patients suivis en soins, puis cherché dans les résultats la trace d'un groupe séparé.
Ils n'ont rien trouvé.
Aucune frontière.
Aucune espèce à part.
Juste une pente continue, sur laquelle chacun se situe quelque part.
Leur article s'intitule d'ailleurs Psychopathique, pas psychopathe (source Journal of Abnormal Psychology).
Toute la nuance est là.
Ce n'est donc pas une case.
C'est un curseur.
Et sur un curseur, il faut bien décider où tracer le trait.
Pour mesurer, on utilise ce qu'on appelle des échelles.
Ce sont des grilles qui attribuent des points sur une série de critères : le manque d'empathie, l'absence de remords, la manipulation, l'insensibilité.
Avec l'échelle de Hare (la plus stricte), on trouve 1,2 % de la population.
Une personne sur 80.
En rassemblant 15 études et près de 11 500 adultes, on obtient 4,5 %, soit une personne sur 22 (source Frontiers in Psychology).
Et l'écart entre les sexes saute aux yeux : 7,9 % chez les hommes contre 2,9 % chez les femmes.
Un homme sur 13.
Reste le chiffre le plus troublant.
Trois chercheurs, Nathan Brooks, Katarina Fritzon et Simon Croom, ont fait passer ces tests à 261 cadres du secteur de la logistique.
Un cadre sur 5 présente un niveau élevé de traits psychopathiques (source Institutional Investor).
C'est à peu près ce qu'on mesure en prison.
Ce chiffre demande une précaution.
Il ne dit pas qu'un cadre sur 5 est un psychopathe.
Il dit qu'un cadre sur 5 coche beaucoup de cases : l'insensibilité, la manipulation, l'absence de remords.
Et c'est exactement ce qui nous intéresse.
Parce qu'on n'a pas besoin d'un psychopathe pour détruire un service.
Un chef qui coche les trois quarts des cases y arrive très bien.
Il ne sera jamais diagnostiqué.
Il ne verra jamais de médecin.
Il aura un bureau, une équipe, et des objectifs à tenir.
Une dernière chose, et c'est la plus importante.
D'une étude à l'autre, d'un outil à l'autre, un constat ne bouge jamais : la proportion grimpe dès qu'on passe de la population générale au monde de l'entreprise.
Ce n'est pas le chiffre qui accuse notre société.
C'est la pente.
LA CRUAUTÉ SURCLASSE LA COMPÉTENCE
Tout le monde a croisé ce chef.
Celui qui humilie en réunion.
Celui qui annonce des suppressions de postes d'une voix parfaitement égale.
Celui dont on se demande, tout bas, comment il a bien pu arriver là.
La réponse se trouve dans une étude de 2010.
Cette année-là, trois chercheurs (Paul Babiak, Craig Neumann et Robert Hare) obtiennent une autorisation rare : évaluer 203 cadres d'entreprises américaines.
Pas des détenus, pas des patients.
Des cadres en poste, envoyés par leur employeur suivre une formation réservée aux dirigeants prometteurs.
Premier résultat : environ 4 % d'entre eux atteignent le seuil de la psychopathie (source Behavioral Sciences & the Law).
Soit quatre fois plus que dans la population générale.
Mais le pourcentage n'est pas le plus intéressant.
La suite l'est bien davantage.
Les chercheurs disposaient de deux séries de notes attribuées par les entreprises elles-mêmes.
D'un côté, l'image que ces cadres renvoyaient : charisme, aisance à l'oral, capacité à convaincre.
De l'autre, leurs résultats réels : sens des responsabilités, aptitude à travailler en équipe, accomplissements concrets.
Les cadres aux scores élevés brillent sur la première série.
Ils s'effondrent sur la seconde.
Ils font forte impression, et ils travaillent mal.
C'est donc l'impression qui gagne.
Le détail le plus accablant arrive à la fin de l'étude.
La plupart de ces cadres occupaient déjà des postes de direction.
Leur entreprise venait de les sélectionner pour un programme réservé aux hauts potentiels.
Alors même que leurs évaluations de performance, négatives, se trouvaient entre les mains des décideurs.
Ils avaient les preuves sous les yeux.
Ils ont promu quand même.
Une seconde recherche confirme le mécanisme à bien plus grande échelle.
Plutôt que de mener une nouvelle enquête, ses auteurs ont rassemblé 92 études déjà publiées et recalculé l'ensemble des résultats.
On appelle ça une méta-analyse : l'avantage, c'est qu'on ne dépend plus des particularités d'une seule entreprise ni d'un seul pays.
Verdict : les traits psychopathiques aident à accéder aux postes de direction (source Journal of Applied Psychology).
Il faut bien mesurer ce que ça implique.
On imagine souvent que le système se trompe.
Qu'il croit recruter des gens compétents et qu'il se fait berner par des beaux parleurs.
La réalité est plus grave.
Le système ne cherche pas la compétence.
Il cherche un signal.
Ce signal, c'est l'aplomb.
L'absence visible de doute.
La capacité à annoncer un plan social sans que la voix tremble.
Il porte un nom qu'aucune grille d'évaluation n'écrira jamais.
La cruauté.
Retirons à la cruauté son vocabulaire moral, et il reste une simple capacité : celle de faire mal sans que ça coûte quoi que ce soit à l'intérieur.
Elle se voit de loin.
Elle ressemble à s'y méprendre à du sang-froid, donc elle rassure.
Et elle est terriblement facile à produire quand on ne ressent rien.
Ce tri n'est donc pas une succession d'erreurs de recrutement.
C'est un critère.
Il n'est écrit nulle part, personne ne l'assume, et tout le monde l'applique.
L'INSENSIBILITÉ MASCULINE PAYE
L'autre versant du tri se lit sur les fiches de paie.
En psychologie, il existe un mot pour désigner la gentillesse : l'agréabilité.
Ce n'est ni une vertu ni une faiblesse, c'est un trait de personnalité mesurable, au même titre que la curiosité ou l'anxiété.
Une personne agréable coopère, fait confiance, tient compte des autres, cherche à éviter le conflit.
En 2012, trois chercheurs (Timothy Judge, Beth Livingston et Charlice Hurst) ont suivi les revenus de plus de 10 000 personnes pendant près de 20 ans.
Leur conclusion est brutale.
Plus on est agréable, moins on gagne.
Chez les hommes, l'écart atteint environ 18 %.
Près de 10 000 dollars par an (environ 8 800 euros), entre celui qui ménage ses collègues et celui qui ne les ménage pas (source Cornell ILR).
Chez les femmes, l'écart existe aussi, mais il est bien plus faible.
Les chercheurs expliquent pourquoi.
Un homme agréable est puni deux fois.
Une première fois parce que la gentillesse coûte de l'argent à tout le monde.
Une seconde fois parce qu'il ne joue pas le rôle qu'on attend de lui.
On lui reproche moins son comportement que sa désobéissance à un modèle.
Un homme doux transgresse.
On le lui fait payer.
Mettons maintenant ce résultat à côté du précédent.
Les traits psychopathiques sont près de trois fois plus répandus chez les hommes que chez les femmes.
Et le marché du travail sanctionne la douceur chez les hommes, presque pas chez les femmes.
Deux recherches sans aucun lien entre elles, deux méthodes différentes, une seule et même direction.
La méta-analyse citée plus haut apporte la pièce qui manquait.
Ses auteurs ont refait leurs calculs en séparant les hommes des femmes.
Les résultats s'inversent.
Chez les hommes, les traits psychopathiques vont de pair avec une ascension un peu plus rapide et une réputation de dirigeant un peu meilleure.
Chez les femmes, les mêmes traits sont associés à une efficacité jugée moindre, et ne servent à rien pour monter (source Journal of Applied Psychology).
Le comportement est identique.
Le jugement change selon qui l'adopte.
Ce n'est donc pas la dureté qu'on évalue.
C'est sa conformité à ce qu'on attend d'un homme.
Une norme de virilité fabrique ces traits, puis les récompense.
Reste le plus inquiétant.
Le pouvoir n'attire pas seulement les insensibles.
Il en fabrique.
Quand nous voyons quelqu'un saisir un objet, notre cerveau active discrètement les zones qui serviraient à faire ce geste nous-mêmes.
Ce réflexe s'appelle la résonance motrice.
C'est l'une des briques de base de l'empathie : avant même de comprendre l'autre, notre cerveau l'imite.
En 2014, Jeremy Hogeveen, Michael Inzlicht et Sukhvinder Obhi ont voulu savoir si le pouvoir modifiait ce réflexe.
Ils ont réparti des volontaires en trois groupes.
Les uns devaient se remémorer un moment où ils avaient exercé une autorité sur quelqu'un.
Les autres, un moment où ils l'avaient subie.
Les derniers, rien de particulier.
Puis tous ont regardé une vidéo montrant une main en train d'attraper une balle, pendant que les chercheurs mesuraient leur activité cérébrale.
Chez ceux qu'on avait mis en position de pouvoir, la réaction du cerveau est nettement plus faible (source Journal of Experimental Psychology).
Quelques minutes de souvenir avaient suffi.
Leur cerveau imitait moins l'autre.
Il faut alors imaginer ce que produisent 15 années passées à décider du sort des autres.
Pendant ce temps, les métiers construits sur l'attention à autrui (soigner, accompagner, enseigner, nettoyer, veiller) restent parmi les plus mal payés et les moins considérés.
Ce que notre société déclare précieux dans ses discours, elle le rémunère au tarif de ce dont elle pourrait se passer.
LA SOUFFRANCE COMME OUTIL
Le 21 janvier 2025, tout cela cesse d'être une théorie.
Ce jour-là, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, condamne définitivement sept dirigeants de France Télécom.
Elle condamne aussi l'entreprise elle-même.
Le motif porte un nom nouveau : le harcèlement moral institutionnel (source The Conversation).
L'expression mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle change tout.
D'ordinaire, le harcèlement suppose un harceleur et une victime qui se connaissent.
Un chef qui s'acharne sur un salarié précis.
Ici, la Cour reconnaît autre chose : des dirigeants qui n'ont jamais rencontré leurs victimes, qui ne connaissaient même pas leurs noms, peuvent être condamnés pour avoir conçu une organisation du travail destinée à faire craquer les gens.
Il suffit qu'ils l'aient fait en connaissance de cause.
Revenons aux faits.
À partir de 2006, la direction lance deux plans, baptisés Next et Act.
Objectif chiffré : 22 000 départs et 10 000 changements de poste imposés, sur environ 120 000 salariés.
En 2008 et 2009, 35 salariés se sont suicidés.
Le calcul derrière ces plans était simple, et c'est ce qui le rend glaçant.
Licencier coûte cher : indemnités, procédures, conflits.
Un salarié qui démissionne de lui-même ne coûte presque rien.
Toute la question devenait donc : comment amener 22 000 personnes à partir d'elles-mêmes ?
Personne n'a signé de note ordonnant de faire souffrir les gens.
On a fixé des objectifs de départs, on a déplacé, on a isolé, on a mesuré l'avancement, on a tenu les délais.
La souffrance était le moyen d'y arriver, et chacun le savait.
Rien ne s'est arrêté avec le procès.
Entre 2016 et 2021, les effectifs d'Orange sont passés de 84 000 à 66 000 salariés.
Regardons maintenant à qui profite ce mode de gestion.
En 2025, les 40 plus grandes entreprises françaises cotées en Bourse ont reversé 107,6 milliards d'euros à leurs actionnaires.
Un record absolu, et le premier dépassement de la barre des 100 milliards (source La Lettre Vernimmen).
Cette somme se partage en deux.
Les dividendes d'abord, c'est-à-dire une part des bénéfices versée directement aux actionnaires.
Les rachats d'actions ensuite, mécanisme moins connu : l'entreprise rachète ses propres actions en Bourse puis les supprime.
Il en reste moins en circulation, donc chacune vaut plus cher.
C'est une façon d'enrichir les actionnaires sans passer par le dividende.
Ces rachats explosent : 34,8 milliards en 2025, contre 25,5 l'année précédente.
La tendance de fond est encore plus parlante.
En 2016, ces mêmes entreprises versaient 50,2 milliards.
En 10 ans, la somme a plus que doublé.
Le coût humain, lui, se compte ailleurs.
On appelle risques psychosociaux tout ce qui, dans l'organisation du travail, abîme la santé mentale : charge excessive, objectifs intenables, isolement, humiliation, perte de sens.
En 2024, près de 29 000 accidents du travail ont été reconnus comme liés à ces risques, soit 14 % de plus qu'en 2023.
Ils représentent désormais plus d'un accident du travail sur 20 (source Assurance Maladie).
Et les maladies psychiques reconnues comme maladies professionnelles sont passées de 840 en 2020 à 1 805 en 2024.
Elles ont doublé en quatre ans.
Ces chiffres ont pourtant un défaut, et il est de taille : ils sont très en dessous de la réalité.
Il n'existe aujourd'hui aucune procédure automatique pour reconnaître une dépression causée par le travail.
Le salarié doit monter un dossier, prouver lui-même le lien avec son emploi, et justifier d'une incapacité permanente d'au moins 25 %.
En dessous de ce seuil, rien.
La commission chargée d'évaluer ce décalage estimait qu'en 2019, environ 108 000 maladies psychiques auraient dû être reconnues.
30 100 l'ont été.
Un rapport du Sénat proposait de corriger exactement ça.
Après cinq mois d'auditions et 39 recommandations, la mission l'a rejeté le 8 juillet 2026, à huis clos.
Le rapport est devenu impubliable.
C'est l'objet de la chronique Burn-out : le patronat décide au Sénat.
Voilà l'équation complète.
Des profils sélectionnés pour leur capacité à ne rien ressentir.
Placés à la tête d'organisations qui mesurent absolument tout, sauf ce qu'elles infligent.
Une redistribution record vers des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans l'atelier.
Et, quand une institution s'apprête enfin à compter les dégâts, un vote à huis clos pour l'en empêcher.
L'EMPATHIE DÉSIGNÉE COMME ENNEMIE
Jusqu'ici, l'empathie était simplement mal payée.
Mal promue.
Jugée encombrante.
Une inefficacité qu'on tolérait.
Mais être mal payé et être désigné comme un danger public, ce n'est pas la même chose.
Le 28 février 2025, dans le podcast de Joe Rogan, l'un des plus écoutés au monde, Elon Musk franchit ce pas.
Il déclare que la faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale, c'est l'empathie (source Le Devoir).
Il reprend une formule lancée par un universitaire canadien, Gad Saad : l'empathie suicidaire.
L'idée tient en une phrase.
À force de s'apitoyer sur les plus fragiles (les migrants, les pauvres, les minorités), l'Occident se détruirait lui-même.
La compassion y devient une maladie, et la dureté un traitement.
Ce glissement est le cœur du sujet.
Le premier discours disait : l'empathie ne rapporte pas.
C'est un constat comptable, contestable mais banal.
Le second dit : l'empathie nous tue.
Ce n'est plus un constat, c'est une désignation d'ennemi.
Et c'est précisément la manœuvre fasciste.
Le fascisme n'a jamais eu besoin d'inventer la brutalité, elle existait avant lui.
Il a fait autre chose.
Il a échangé les étiquettes.
La brutalité est devenue du courage.
La compassion est devenue de la faiblesse, de la décadence, de la trahison.
Une fois cet échange accepté, plus rien ne retient personne.
Celui qui proteste contre une cruauté ne défend plus des victimes : il avoue sa propre mollesse.
Il se disqualifie tout seul.
Cette rhétorique ne reste pas dans les podcasts américains.
Elle circule dans le discours de l'extrême-droite européenne, sous des mots d'apparence raisonnable.
Fermeté.
Réalisme.
Refus de l'angélisme.
Fin du droit-de-l'hommisme (mot péjoratif pour parler d'une défense des droits de l'homme jugée trop naïve, inutile ou fausse).
Traduisons.
Chacun de ces mots sert à la même opération : retirer à la souffrance des autres le droit d'entrer dans la discussion publique.
Une fois qu'évoquer une victime devient ridicule, on peut en faire beaucoup.
Un des hommes les plus riches et les plus puissants de la planète explique que se soucier des autres nous détruit.
Ce n'est pas une provocation en l'air.
C'est une doctrine qui justifie, après coup, l'ordre exact dont il tire sa fortune.
ABOLIR LA PSYCHOPATHOCRATIE
Le mot mérite d'être décomposé.
En grec, la terminaison désigne le pouvoir : démocratie, le pouvoir du peuple. Psychopathocratie : le pouvoir remis à ceux qui ne ressentent rien.
Attention au contresens, il est facile.
Ce mot ne désigne pas une caste de malades qui aurait pris le contrôle.
On a vu qu'aucune caste de ce genre n'existe, seulement une pente sur laquelle chacun se situe.
Ce mot désigne une manière de distribuer le pouvoir.
Le tri, pas les triés.
Les chiffres de la psychopathie ne racontent donc pas une maladie qui gagnerait nos élites.
Ils racontent une société qui a organisé un tri, et qui a hissé au sommet exactement ce qu'elle prétend condamner.
Ce tri n'a rien d'une fatalité.
Il est fait de critères de recrutement, de grilles d'évaluation, de politiques de rémunération, de décisions d'actionnaires, de lois.
Tout cela a été écrit par quelqu'un, quelque part, à un moment donné.
Tout cela peut être réécrit.
L'arrêt du 21 janvier 2025 (la condamnation de France Télécom par la Cour de Cassation) le prouve.
Il aura fallu 15 ans, des familles détruites et un combat syndical acharné.
Mais au bout du compte, une organisation du travail est devenue un délit.
Ce que le droit a réussi à nommer une fois, il peut le nommer encore.
Reste à savoir ce que nous défendons au juste.
L'empathie n'est pas de la gentillesse.
Ce n'est pas un supplément d'âme, ni une jolie qualité dont on décore un CV.
C'est la faculté d'enregistrer que la souffrance d'un autre est réelle.
Retirez-la, et il ne reste plus aucune raison de s'arrêter avant le pire.
C'est bien pour ça qu'ils la désignent.
Ils ont parfaitement identifié ce qui les empêche.
Cet article vous a interpellé, mis en colère, fait réfléchir ? C'est exactement pour ça qu'il a été écrit.
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