Chronique 215 - La LICRA, un combat corrompu
Sous la bannière antiraciste, une seule cause : imposer sa ligne sur Israël à l'État, de la justice à l'école.
Une association privée qui pèse sur l'État, oriente la justice, entre dans les écoles.
Au nom de l'antiracisme.
Sauf que ce n'est plus de l'antiracisme depuis longtemps.
Enquête.

DE L'ASSOCIATIF AU LOBBYING D'ÉTAT
Décembre 2019.
L'Assemblée nationale adopte la résolution Maillard, qui inscrit dans le marbre parlementaire la définition de l'antisémitisme dite "IHRA", celle qui range l'antisionisme parmi ses formes modernes (source Assemblée nationale).
Le texte n'est pas contraignant.
Mais il invite le gouvernement à diffuser cette définition "auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires" (source Assemblée nationale).
Traduisez : l'école, la police, les tribunaux.
Cette définition militante n'est pas tombée du ciel.
Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), l'UEJF (Union des étudiants juifs de France) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) l'ont poussée, avec l'aide de plusieurs députés de la majorité (source LDH).
Des associations privées écrivent la doctrine, des élus la votent, l'État l'applique.
Ce n'est pas de l'antiracisme.
C'est du lobbying, et il a gagné.
Cette proximité n'a rien de discret.
En mars 2019, la LICRA tenait son dîner annuel à l'Hôtel de Lassay, la résidence du président de l'Assemblée nationale, qui l'accueillait en personne, le ministre de l'Éducation à ses côtés (source Assemblée nationale).
On ne reçoit pas dans les palais de la République les gêneurs.
On y reçoit les alliés.
Et en 2026, cette doctrine quitte la résolution pour viser le code pénal.
C'est tout l'objet de la loi Yadan, puis de sa reprise en projet de loi gouvernemental, que j'ai déjà démontés dans la chronique 63.
L'amalgame que la LICRA défend depuis des années ne se contente plus d'orienter les services de l'État.
Il s'apprête à devenir un délit.
FAIRE TAIRE, UN PROCÈS À LA FOIS
Une fois la ligne officielle, plus besoin de voter des lois.
Il suffit d'attaquer.
La LICRA se constitue partie civile à la chaîne dans les procès pour propos, et suit de près les dommages et intérêts qu'elle en retire, ligne budgétaire à l'appui dans ses propres comptes (source Licra.org).
L'affaire Rima Hassan le résume.
L'eurodéputée a été renvoyée en procès pour apologie du terrorisme après une publication de mars 2025.
Parmi les plaignants à l'origine des poursuites : la LICRA (source Reuters).
Une élue de la nation, traînée devant le tribunal correctionnel, en partie sur la plainte d'une association subventionnée.
Et ce bras judiciaire n'est pas près de faiblir.
Le projet de loi porté par la ministre Aurore Bergé, héritier direct de la loi Yadan, prévoit noir sur blanc d'élargir la constitution de partie civile pour les associations (source franceinfo).
Traduisez : offrir à des ligues comme la LICRA un bâton encore plus lourd.
Qui est cette ministre, et son rapport très élastique à la vérité, je l'ai raconté dans la chronique 134.
Voilà le vrai pouvoir : pas besoin de vous condamner, il suffit de vous menacer.
Chacun apprend à se taire sur Gaza avant même d'avoir ouvert la bouche.
Ceux qui, comme moi, ont vu une chaîne fermée pour une chronique sur Gaza savent précisément de quoi il s'agit.
Ce n'est pas de la théorie.
C'est un climat, et il est redoutablement efficace.
INFILTRÉE JUSQUE DANS LES ÉCOLES
Reste le plus discret, et le plus grave : les enfants.
Rappelez-vous la résolution de 2019, qui demandait de diffuser la définition "auprès des services éducatifs".
La LICRA n'a pas attendu la consigne : une convention avec l'Éducation nationale lui ouvre les établissements scolaires et la formation des intervenants (source Éduscol).
Le problème n'est pas qu'on parle de racisme aux élèves.
C'est la marchandise.
Un ouvrage de la LICRA hébergé sur le site officiel Éduscol a été décortiqué par Pascal Boniface, directeur de l'IRIS : on y parle abondamment de sionisme, jamais de Palestine (source IRIS).
L'amalgame enseigné comme une évidence, avec le tampon de la République.
Cet amalgame, des voix juives elles-mêmes le refusent, comme l'Union juive française pour la paix, aux côtés de la Ligue des droits de l'Homme (source LDH).
Car en confondant un État et un peuple, on ne protège personne.
On fabrique un délit d'opinion, et on l'apprend aux plus jeunes.
L'ANTIRACISME PRIS EN OTAGE
Reprenons le fil.
Une ligue née en 1927 pour combattre l'antisémitisme, cause juste, nécessaire, respectable.
Et un siècle plus tard, une organisation qui confond la critique d'un État avec la haine d'un peuple, et qui, ce faisant, range musulmans et pro-palestiniens dans la case des suspects.
L'antiracisme retourné contre une partie des Français : voilà le combat corrompu.
La méthode, elle aussi, porte un nom.
Je l'ai décrite ailleurs : l'immunisation sémantique (chronique 63).
On brandit le mot "antisémitisme" comme un verrou, et toute contestation devient suspecte, disqualifiée avant d'être entendue.
La LICRA n'a pas inventé ce verrou.
Mais elle en est la serrurière en chef.
Ne cherchez aucun complot.
Il n'y en a pas besoin.
Tout est voté, publié, subventionné, assumé.
Le scandale n'est pas caché : il est officiel.
Le seul mystère qui reste, c'est comment une association qui trahit à ce point sa mission peut encore être reçue, financée et applaudie par la République.
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