Chronique 150 - PrésiDex 2027 : l’encyclopédie des PoliticoMonstres
Le bestiaire sucré-salé des 21 candidats déclarés.
21 candidats déclarés. 21 profils à analyser.
Voici le PrésiDex, un bestiaire sucré-salé qui ne va pas les manquer.
Attaques, faiblesses, et ce qu’il coûtera au pays si nous les laissons évoluer.
À vos Pokévotes !

TYPE TÉNÈBRES
MARINE LE PEN
RN, quatrième évolution
Type : Ténèbres / Impunité.
Attaque signature : Victimisation ultime - subit une condamnation, riposte en accusant les juges.
Attaque de secours : Jordan Bardella. Indisponible : le dresseur refuse de le lâcher. Il s’est déclaré "ni soulagé, ni déçu". Consolation, il a été promu Premier ministre par communiqué. Dans cette famille, le dauphin ne règne pas, il porte les valises.
Point "fort" : Éligible. Techniquement.
Points faibles : Reconnue coupable en appel de détournement de fonds publics le 7 juillet. 3 ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende, 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, la partie ferme déjà purgée. Le RN, lui, écope de deux millions d’amende (source franceinfo).
Bonus : Elle avait juré qu’il ne lui serait "pas possible" de faire campagne sous bracelet. Le soir même du verdict, sur TF1 : "Je suis candidate, je ne changerai pas d’avis". Le pourvoi en cassation suspend la peine. Le bracelet attendra (source France 24).
Verdict : Le parti qui veut "nettoyer la France" a détourné l’argent des contribuables européens pendant 11 ans. Et la magistrate qui l’a jugée est sous protection policière. Voilà l’ordre qu’ils promettent.
NICOLAS DUPONT-AIGNAN
Debout la France, quatrième candidature
Attaque signature : Recyclage. Mais pas des déchets.
Point "fort" : La constance, dont on se passerait.
Point faible : En 2017, il a rallié Marine Le Pen entre les deux tours. Ce n’est pas un accident de parcours, c’est une carte d’identité.
Verdict : Il se présente "sauf si Philippe de Villiers y va". Un programme qui tient dans une clause de désistement.
FLORIAN PHILIPPOT
Les Patriotes
Attaque signature : Frexit ! (efficacité : 0 %).
Point faible : Ancien numéro 2 du Front national. Il a construit la façade "sociale" de la dédiabolisation, puis a claqué la porte quand la maison a été repeinte sans lui.
Verdict : Il ne conteste pas l’extrême-droite. Il conteste de ne plus en être le décorateur.
Express : Éric Zemmour n’est pas encore déclaré. Il attend de savoir s’il y a une primaire. Le suspense est insoutenable.
TYPE COSTUME-CRAVATE-CANINES
BRUNO RETAILLEAU
Les Républicains
Type : Autorité / Ordre (im)moral.
Attaque signature : Fermeté (cible : les faibles uniquement).
Point "fort" : Élu président de LR avec 74,31 % des voix.
Points faibles : Entre 8 et 11 % d’intentions de vote en juin. Et Laurent Wauquiez, de son propre camp, lui a publiquement demandé de "savoir se retirer". (source Le Figaro)
Verdict : Ancien ministre de l’Intérieur, il a passé son mandat à emprunter le vocabulaire du RN en espérant que les électeurs préféreraient la copie. Ils préfèrent l’original. Ils préfèrent toujours l’original.
ÉDOUARD PHILIPPE
Horizons
Type : Sérieux (le costume, pas le contenu).
Attaque signature : Gravité feinte par les poils.
Point "fort" : 14 % dans les sondages. Le mieux placé du bloc bourgeois.
Point faible : Premier ministre d’Emmanuel Macron. Le même homme qui a voulu imposer la réforme des retraites vous explique aujourd’hui qu’il faut "débloquer le pays".
Verdict : Il n’est pas l’alternative au macronisme. Il en est la version qui ne s’excuse plus.
GABRIEL ATTAL
Renaissance
Attaque signature : Distance calculée avec son créateur.
Point "fort" : Il a repris le parti du président.
Point faible : Il a été le Premier ministre du même président. On appelle ça un héritage, pas un projet.
Verdict : Cinq priorités affichées : école, salaires, frontières, intelligence artificielle. Devinez laquelle il détaillera le plus.
Express : Xavier Bertrand (Nous France), recalé de la primaire LR 2021, repart seul avec la même conviction. David Lisnard (Nouvelle Énergie) a quitté LR parce qu’il voulait une primaire : son projet politique tient donc dans une modalité de scrutin.
TYPE POISON TRAHISON
JÉRÔME GUEDJ
PS
Type : Poison / Laïcité sélective.
Attaque signature : Anti-LFI (recharge : instantanée).
Point faible : Candidat hors primaire, hors rassemblement, hors tout, sauf hors de l’union.
Verdict : Il revendique une gauche "républicaine, universaliste et laïque". En 2026, cette formule sert surtout à désigner ceux qu’on refuse d’appeler des camarades.
KARIM BOUAMRANE
PS
Attaque signature : "Une France humaine et une France forte". Les deux. En même temps. Ça vous rappelle quelqu’un ?
Point faible : Soutien de Manuel Valls à la primaire de 2017. Opposant à Olivier Faure. Critique des alliances avec LFI. Candidat hors primaire.
Verdict : Il ne veut pas d’une gauche unie. Il veut une place.
SÉGOLÈNE ROYAL
PS, résurrection
Attaque signature : Retour surprise (19 ans de rechargement).
Point faible : Candidate en 2007, battue. Elle promet aujourd’hui "une France tranquille et confiante en son destin".
Verdict : La France n’est pas tranquille. L’extrême-droite est en tête des sondages. Ce n’est pas le moment de faire une madeleine.
FRANÇOIS RUFFIN
Debout !
Type : Poison / Sauveur blanc.
Attaque signature : Le peuple, les vrais gens, la France des ronds-points.
Point faible : Il a quitté LFI en dénonçant la stratégie de Mélenchon, puis a tout misé sur une primaire qui n’aura jamais lieu. Résultat net : une candidature de plus, un tour de moins.
Point faible bis : En mai, sa BD Picardie Splendor lui vaut des accusations de "sauveur blanc" et de paternalisme, venues de sa propre famille politique. Sur la planche qui fait scandale, il paie l’amende d’une passagère noire et bombe le torse pendant qu’un passager racisé baisse la tête. Sa défense, dans Libération : "Mon antiracisme est un peu estampillé années 1990" (source franceinfo). On avait remarqué.
Verdict : Il a raison sur la fracture sociale. Mais il n’a toujours pas compris qu’on ne combat pas une fracture en se peignant en héros de l’autre.
Express : Philippe Brun, député de l’Eure, candidat à une primaire fermée : il cherche à exister dans un parti qui vient de s’auto-enterrer.
TYPE DISPERSION
MARINE TONDELIER
Les Écologistes
Type : Bonne foi (efficacité limitée).
Attaque signature : Rassemblement (échoue : le partenaire s’est enfui).
Point faible : Elle a porté la primaire unitaire à bout de bras. Le PS l’a enterrée. Sa réaction : "Message reçu 5 sur 5".
Verdict : Sincère. Isolée. Ce n’est pas une insulte, c’est un diagnostic. Et c’est un problème.
NATHALIE ARTHAUD
Lutte ouvrière
Attaque signature : Porte-voix des travailleurs.
Point faible : 0,56 % en 2012. 0,64 % en 2017. 0,56 % en 2022.
Verdict : La constance faite candidature. Le problème n’est pas qu’elle ait tort sur l’exploitation. C’est qu’elle a renoncé, depuis longtemps, à ce que ça serve à quelque chose.
Express : Delphine Batho (Génération écologie), sans appareil ni soutien majeur. Fabien Roussel (PCF) n’officialisera que le 6 septembre : il a donc encore le temps de ne pas recommencer (2,28 % en 2022, soit 802 000 voix, quand 420 000 séparaient Mélenchon du second tour - source AFP). Anasse Kazib (Révolution permanente), cheminot syndicaliste : il lui faut 500 parrainages. François Asselineau (UPR), candidat sans interruption depuis 2012, n’a réuni les parrainages qu’une seule fois. Juan Branco, Clara Egger, Antoine Mikolajczak : trois candidatures que vous découvrez en lisant cette ligne.
TYPE LÉGENDAIRE
JEAN-LUC MÉLENCHON
La France insoumise, quatrième candidature
Type : Programme (rare : un seul exemplaire recensé dans la nature).
Attaque signature : L’Avenir en commun. Chiffré, cohérent, opposable.
Points forts (les vrais, cette fois) : Le seul programme de rupture réellement écrit. La seule campagne réellement lancée. Olivier Faure lui-même a reconnu qu’il "a réussi son entrée en campagne".
Point faible : La verticalité. Les purges de 2024 ont vidé le mouvement d’une partie de ses voix dissonantes (Autain, Corbière, Garrido, Simonnet). Un mouvement sans contradiction interne n’est pas un mouvement fort. C’est un mouvement fragile.
Verdict : C’est le seul qui propose quelque chose. Ce n’est pas une raison pour ne rien lui reprocher : c’est une raison d’exiger qu’il soit meilleur. Une candidature qui rassemble n’est pas une candidature qui a raison toute seule.
ENCORE DANS LEUR POKÉ BALL
Ceux qui n’ont pas encore été lancés, mais qui font trembler la Poké Ball.
Gérald Darmanin, interrogé sur sa candidature : "Inch’Allah, on verra bien". Le garde des Sceaux plaisante. C’est charmant.
Raphaël Glucksmann attend que les sondages le désignent, pour ne pas avoir à se soumettre à un vote.
François Hollande : "Si je dois me déclarer, ce sera en décembre". Nul ne lui a rien demandé.
Olivier Faure, désavoué par ses propres militants, refuse de démissionner et n’exclut pas d’être candidat. Un cumul remarquable.
Bruno Le Maire : "Ma réponse sera donnée en octobre". La question, elle, n’a été posée par personne.
Dominique de Villepin, Bernard Cazeneuve : disponibles.
MAIS CE N’EST PAS UN JEU…
Vous avez ri.
C’était le but.
Maintenant, comptez.
21 candidats, et une seule certitude : au premier tour, la dispersion est une arme, et elle est pointée sur nous.
Chaque candidature de gauche supplémentaire n’est pas un supplément de démocratie, c’est une soustraction de second tour.
Le PS le sait.
Il l’a fait quand même.
En face, il n’y a pas de dispersion.
Il y a une femme deux fois condamnée pour détournement de fonds publics, un dauphin qui porte ses valises, et un bloc bourgeois qui répète leur vocabulaire en espérant récupérer les miettes.
C’est ça, la mécanique.
Elle est simple, et elle fonctionne.
Alors amusez-vous avec les fiches.
Riez des attaques signatures.
Puis regardez le tableau.
Il n’y a qu’un seul programme sur la table.
Il est perfectible.
Il est le seul.
Et un Pokémon qui reste dans sa Poké Ball ne gagne aucun combat.
À vos Pokévotes !
Cet article vous a interpellé, mis en colère, fait réfléchir ? C'est exactement pour ça qu'il a été écrit.
✊ Votre soutien, c'est le carburant de la résistance ! Contribuez sur Tipeee.
🔔Abonnez-vous à la newsletter "La Lettre du Dimanche" pour recevoir directement dans votre boîte mail les analyses que les médias dominants ne font pas. Pas de publicité, pas de compromis, juste l'engagement de regarder le monde en face. S'informer, c'est déjà résister !
👉Rejoignez également la communauté sur Facebook pour suivre les publications en temps réel, partager les articles et participer aux discussions.
Parce qu'il n'y a pas de résistance possible sans conscience collective.
.png)



Commentaires