Chronique 42 - Clan Trump : la présidence comme fonds spéculatif
- Lucie Fourcade
- 28 mars
- 5 min de lecture
Guerre en Iran, droits de douane, marchés manipulés : à chaque annonce présidentielle, les mêmes poches s'enrichissent. Un système documenté, une impunité organisée.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a fait de ses déclarations publiques une arme redoutable d'influence sur les marchés financiers.
Chaque annonce fracassante, guerre en Iran, volte-face sur les droits de douane, ouverture diplomatique fictive, s'accompagne de transactions massives, réalisées quelques minutes avant que les cours ne s'envolent ou s'effondrent.
Ce n'est pas une coïncidence.
C'est un système.

QUEL HASARD, CES 430 000 DOLLARS!
Le 28 février 2026, à 2h30 du matin, Trump annonce sur Truth Social que les forces américaines ont lancé des opérations de combat majeures contre l'Iran.
Ce que le monde découvrait ce matin-là, certains le savaient depuis la nuit.
Soixante et onze minutes avant le début des frappes, un compte baptisé "Magamyman" misait 87 000 dollars sur la plateforme de paris Polymarket (plateforme chérie par le clan Trump) sur la probabilité d'une attaque américaine contre l'Iran.
La cote ? 17 %.
Autrement dit : selon les marchés, il n'y avait que 17 chances sur 100 que cela se produise ce soir-là.
"Magamyman", lui, en était certain.
Il a empoché 430 000 dollars.
Ce n'était pas un parieur chanceux.
La société d'analyse Bubblemaps, spécialisée dans l'investigation blockchain, a identifié au total six comptes aux comportements identiques : des fonds alimentés spécifiquement pour la date du 28 février, des mises placées dans la fenêtre critique précédant les frappes, et un gain cumulé de 1,2 million de dollars (source RTBF).
Qui pouvait savoir, 71 minutes avant le monde entier, que les bombes allaient tomber sur Téhéran ?
Un militaire haut gradé.
Un membre des services de renseignement.
Un proche de l'administration.
Quelqu'un, en tout cas, qui n'avait pas misé au hasard.
Ce n'était pas la première fois.
Quelques semaines plus tôt, un pari de 32 000 dollars avait été placé sur la capture imminente du président vénézuélien Nicolas Maduro, jugée alors très improbable par les marchés.
Gain : 400 000 dollars.
Même logique.
Même timing.
Même impunité (source Financial Times / RTBF).
Ces paris sur l'Iran et le Venezuela n'étaient qu'un échauffement.
Quelques semaines plus tard, le mécanisme passait à une autre échelle.
LES 2 MINUTES QUI VALAIENT 760 MILLIONS DE DOLLARS
Troisième semaine de mars 2026.
La guerre fait rage depuis vingt jours.
Le baril de Brent dépasse les 119 dollars.
Et soudain, un lundi matin, entre 6h49 et 6h51 (deux minutes précises), les marchés à terme du pétrole s'embrasent.
Environ 7 200 contrats sur le Brent et le West Texas Intermediate sont échangés en l'espace de 120 secondes, pour une valeur notionnelle dépassant 760 millions de dollars.
La moyenne habituelle pour ce créneau horaire : 700 000 barils.
Ce matin-là : plus de 6 000 000 (source Wall Street Journal / Économie Matin).
Aucun événement, aucune donnée économique, aucun communiqué ne justifie ce pic.
Puis, quelques minutes plus tard, Trump publie sur Truth Social : des discussions "productives" seraient en cours avec l'Iran.
Les cours chutent.
Le mouvement s'inverse.
Les positions prises deux minutes avant l'annonce sont déjà dans le vert.
Résultat : quiconque avait parié sur une baisse du pétrole juste avant l'annonce venait de réaliser un gain colossal.
Téhéran, de son côté, démentait immédiatement toute négociation.
Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, confirmait noir sur blanc : aucun pourparlers n'était en cours (source Financial Times / Radio-Canada).
Alors, qui avait intérêt à faire croire à une paix imminente ?
Et qui en a profité ?
Deux épisodes.
Deux marchés différents.
La même mécanique à chaque fois.
Et ce n'est pas tout.
À CHAQUE CRISE, UN ENRICHISSEMENT
Ces deux épisodes ne sont pas des accidents.
Ils s'inscrivent dans un schéma documenté, répété depuis le début du second mandat de Trump.
Le 9 avril 2025, en pleine guerre commerciale mondiale, Trump publie sur Truth Social : "C'EST LE MOMENT D'ACHETER."
Quelques heures plus tard, il annonce la suspension pour 90 jours des droits de douane.
Le Nasdaq bondit de 12,16 % : du jamais-vu depuis 2001.
Le Dow Jones progresse de 7,87 %, sa plus forte hausse depuis 2008 (source France 24 / AFP).
Des volumes d'achat inhabituels avaient précédé l'annonce de quelques minutes.
Des élus démocrates ont réclamé une enquête.
"Le président des États-Unis participe littéralement à la plus grande manipulation de marché au monde", ont déclaré les membres démocrates de la commission des services financiers de la Chambre des représentants.
Le sénateur Adam Schiff a posé la question directement : "Les proches de Donald Trump profitent-ils illégalement de ces énormes fluctuations ?" (source France 24 / BFM Bourse).
La réponse de la Maison Blanche ?
Ces accusations sont des "manœuvres partisanes".
Et il y a plus.
Des documents de divulgation financière révèlent qu'une semaine avant le "Jour de la Libération" (jour où Trump a annoncé ses droits de douane), un haut fonctionnaire de l'agence chargée de la politique commerciale avait vendu jusqu'à 30 000 dollars d'actions, évitant ainsi la chute qui a suivi.
Deux jours avant, un cadre du département d'État avait cédé 50 000 dollars de titres pour les racheter ensuite, une fois les cours en berne.
Un juriste de la Maison Blanche avait, lui, vendu des actions dans neuf sociétés différentes juste avant une autre déclaration tarifaire (source Journal de l'Économie).
Le tableau est complet.
Des paris sur les guerres.
Des positions sur le pétrole.
Des fonctionnaires qui vendent avant la chute.
Un système qui n'a pas de nom dans les manuels de droit : parce qu'il n'avait jamais atteint cette échelle.
LA GUERRE : MORT POUR CERTAINS, JACKPOT POUR D'AUTRES
Il ne s'agit pas de rumeurs.
Il s'agit de faits documentés, de chiffres vérifiables, de timing précis : 71 minutes, 120 secondes, des centaines de millions de dollars.
À chaque grande annonce de Trump (guerre en Iran, droits de douane, "négociations" de façade) des positions massives sont prises quelques minutes avant que les cours ne bougent.
Et les mêmes proches sortent enrichis de chaque crise qu'il a lui-même déclenchée.
La SEC n'a ouvert aucune enquête.
Son président a été nommé par Trump.
Le verrou est complet.
Posé méthodiquement.
Le gendarme a été nommé par le voleur.
Ce n'est pas de la politique.
Ce n'est même pas de la corruption ordinaire.
C'est un modèle : créer le chaos, informer les initiés, déclencher l'annonce, encaisser les gains.
Des familles meurent en Iran.
Des familles meurent au Liban.
Des millions d'Européens voient leurs factures exploser.
Et à Mar-a-Lago, quelqu'un regarde les cours et sourit.
Ce que les preuves accumulées désignent, c'est le plus grand délit d'initié de l'Histoire.
La question n'est plus de savoir si c'est un crime.
La question est : qui va enfin le nommer comme tel ?
Cet article vous a interpellé, mis en colère, fait réfléchir ? C'est exactement pour ça qu'il a été écrit.
🔔 Abonnez-vous à la newsletter "La Lettre du Dimanche" en bas de page pour recevoir directement dans votre boîte mail les analyses que les médias dominants ne font pas. Pas de publicité, pas de compromis, juste l'engagement de regarder le monde en face. S'informer, c'est déjà résister ! ✊
👉 Rejoignez également la communauté sur Facebook pour suivre les publications en temps réel, partager les articles et participer aux discussions.
Plus nous sommes nombreux à nommer les choses, moins elles peuvent avancer dans l’ombre.
Parce qu'il n'y a pas de résistance possible sans conscience collective.



Commentaires