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Chronique 6 - Dire ou ne pas dire

  • Photo du rédacteur: Lucie Fourcade
    Lucie Fourcade
  • 22 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 févr.

Telle est la question.

Alors que les informations, vraies ou fausses, circulent plus vite que la législation, les dérapages tournent au carambolage.

La liberté d'expression, pourtant encadrée et protégée, voit ses limites devenir poreuses.


Lucie Fourcade

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET LA LOI

En France, la liberté d'expression est définie, protégée et délimitée par un cadre légal.

C'est même la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui garantit à chaque individu le droit à la parole, en respectant certaines limites.

On ne peut pas tout dire. Enfin, normalement...

Article 11 de la DDHC : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. ".

Les limites à la liberté d’expression sont précisées par les lois du 29 juillet 1881, du 13 juillet 1990 et du 13 novembre 2014. La diffamation ou l’injure, la provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers des personnes, l’apologie des crimes contre l’humanité, la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité et l’apologie du terrorisme sont donc des crimes ou délits.


EN PRATIQUE

Dans les faits, tout est beaucoup plus complexe.

Le cadre légal existant est difficile à appliquer. Peu de plaintes sont déposées et encore moins aboutissent à une condamnation.

Ce n'est pas étonnant quand on prend en considération l'essoufflement (pour ne pas dire le dernier râle) du système judiciaire.


Non seulement le cadre existant peine à se faire respecter, mais il ne s'adapte pas assez vite. Il a fallu attendre 2022 pour obtenir une loi contre le harcèlement scolaire.


La multiplication des modes de communication rend la tâche ardue.

De plus, ces nouveaux outils peuvent être soumis à des réglementations étrangères, compliquant d'autant la mission législative.


Malgré une tentative qui a le mérite d'exister (même si elle ne concernait que les périodes électorales...), la diffusion de fausses informations est parfaitement légale.


Conclusion : face aux déversements de haine et de racisme qui inondent les écrans, le papier ou la toile, nous nous retrouvons à nous protéger de la pluie avec un vieux papelard.


LUTTER CONTRE LES DÉRIVES

Si l'État faillit, il ne reste plus que nous.

Nous, les anonymes, qui récoltons toujours les pots cassés.

Vous, moi, nous sommes tous des antifas. Sans même le savoir.

Cette lutte quotidienne face à la haine et l'intolérance, elle vit de nos tout petits actes.

Nos gouttes d'eau qui forment un océan.


Ne laissez jamais dire ce qui doit être tu. Ne vous épuisez pas non plus à répondre à tout-va, principalement sur les réseaux sociaux.

Choisissez avec précision vos combats, pour ne pas gaspiller votre force.


Quelques petites astuces :

  1. Sur les réseaux sociaux, ne commentez pas les publications provenant de la fachosphère. Vous feriez croire à l'algorithme que vous validez ladite publication.

  2. Préférez répondre aux commentaires haineux sur les publications normales (de "gauche", même si le qualificatif "normal" devrait être synonyme). Vous prenez notre cible (c'est-à-dire les néofachos) à son propre jeu. L'algorithme met en avant ce qui fait le plus réagir (en gros).

  3. Si vous vous donnez la peine d'argumenter, ne vous dispersez pas. Visez juste ! Quelques phrases simples et courtes, comme si vous parliez à un enfant (sans volonté de condescendance). Si vous souhaitez citer des sources, placez-les à la fin.

  4. Jouez sur la corde sensible. Oui, c'est moralement moyen... Mais ça marche, et c'est une arme que trop utilisée par l'extrême-droite ! Par exemple, si vous parlez à une femme (hors tradewifes évidemment), rappelez-lui que le RN a voté contre la constitutionnalisation de l'IVG.

  5. Usez d'images, mais pas moqueuses. En tout cas, pas si vous cherchez à convaincre.

  6. Validez les émotions de votre interlocuteur (dans la limite de la normalité, qu'on s'entende bien). À un "J'ai peur de plus avoir de travail", répondez "Je comprends ta crainte, et je la partage. Justement dans tel programme, il y a la volonté de faire machin pour les travailleurs". Petite ficelle de psy hyper efficace.

  7. Si vous êtes victime d'insultes ou de menaces : signalez ! Effectuez la démarche sur le réseau social concerné (des fois, ça marche) et n'hésitez pas à déposer plainte. Oui, il y a très peu de chance que ça aboutisse, mais ça en vaut tout de même la peine. Si les plaintes se multiplient encore et encore, les rouages du système vont trop grincer pour continuer à ignorer les grains de sable !


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