Chronique 5 - L'obscurité en plein jour
- Lucie Fourcade
- 21 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 févr.
Il faut le vouloir pour ne pas voir.
Cette couverture médiatique historique pour une manifestation réunissant 3 200 personnes interpelle, à juste titre.
Révélons les rouages de ce mécanisme propagandiste assumé.

LES FAITS
Une manifestation en hommage à Quentin Deranque (décédé suite à une rixe entre identitaires radicaux et antifascistes) a eu lieu ce samedi 21 février à partir de 15 heures à Lyon.
L'ensemble des médias a couvert massivement l'événement.
Je n'interroge pas aujourd'hui la légitimité de cette manifestation. Ce jugement appartient à chacun en son âme et conscience. Je souhaite analyser la couverture médiatique qui en a été faite.
LES OBEJECTIFS DES ORGANISATEURS
Pour jouer à ce jeu, il faut être deux...
Avant d'étudier pourquoi les médias ont choisi de relayer cet événement, il faut comprendre les objectifs des organisateurs (qui sont des identitaires radicaux avérés).
Derrière cet hommage à un décès tragique, des motivations politiques ont œuvrés sans vergogne.
Premier objectif : occuper l'espace médiatique
L'extrême-droite veut exister dans l'esprit des français. Si on ne la voit pas, elle n'existe pas. Pour faire circuler ses idées, tous les moyens sont bons (ou presque, car il est question d'un redorage de blason).
Second objectif : poursuivre la dédiabolisation
L'extrême-droite tente de nombreuses manœuvres pour conquérir un degré d'acceptabilité.
Ces tentatives sont parfois trop risquées pour que le parti majoritaire dans le cœur des identitaires (le Rassemblement National, CQFD) s'y associe ouvertement. Ce parti a demandé à ses cadres de ne pas s'associer à la manifestation du jour. Au cas où de petits relents fascistes sautent trop aux yeux (spoil : ça a été le cas).
Troisième objectif : diffuser les idées
Presse, télévision, réseaux sociaux sont utilisés pour diffuser massivement les principales idéologies de la sphère d'extrême-droite. Je souligne "idéologie" car ce ne sont pas uniquement des propositions politiques mais bien des idéaux majoritairement irréalisables (et souvent immoraux).
QUAND LES MÉDIAS JOUENT LE JEU...
C'est plutôt fâcheux. Ça implique que le minimum d'impartialité requis pour se prétendre médiateur public de l'Information diminue drastiquement.
La surmédiatisation de cet hommage ne répond évidemment pas uniquement au devoir d'information.
Certes, tout le monde se demandait s'il allait y avoir des débordements, d'un coté ou de l'autre.
Ce que les médias ont surtout accepté, c'est l'ensemble des objectifs des organisateurs, volontairement. Ils ont joué le jeu.
La presse n'a pourtant été que peu récompensée, les caméras ayant été continuellement éloignées et détournées (live complet).
Certains journalistes ont remarqué : les visages dissimulés, alors que c'est interdit - les saluts nazis, pourtant vite réfrénés ou encore les propos racistes.
Ces détails qui n'en sont pas étaient trop visibles pour ne pas être critiqués.
Il y a un autre "détail" qui aurait mérité d'être relevé et dénoncé.
"Hommage à Quentin" en première ligne, "L'extrême-gauche tue" quelques mètres derrière... C'est un amalgame aussi mensonger que dangereux. À trop l'entendre, certains finissent par y croire, sans même prétendre à la vérité. L'extrême-droite se dédiabolise... en diabolisant l'opposition.
LE SOLEIL NE LES REPOUSSE PLUS
Alors que les vampires doivent craindre le soleil, voilà qu'ils déambulent en plein jour...
On assiste encore aujourd'hui à ce qui s'est révélé le 10 mai 2025 : les néofascistes sortent de la clandestinité.
Ils s'affichent, se revendiquent et occupent l'espace public.
Pire, la parole leur est donnée.
Nous assistons à une normalisation de ce qui devrait être étouffé.



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