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Chronique 3 - Trouver les mots pour nommer la haine

  • Photo du rédacteur: Lucie Fourcade
    Lucie Fourcade
  • 19 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 févr.

Qu'il faut être agile pour survoler les événements quand ils se conjuguent au présent...

Mon cerveau et mon cœur s'accordent : il y a quelque chose qui ne va pas. Mais comment nommer ce "quelque chose" que je ne discerne pas ?


Lucie Fourcade

TROUVER LES MOTS

Ma grand-mère paternelle me disait souvent : "Quand on ne sait pas, on cherche !". Cette injonction éducative est un trésor de sagesse. Un encouragement éternel à comprendre plutôt qu'à croire.

Alors, j'ai cherché.


Résumons : je constate une métamorphose de la société, influencée par un climat de haine plurifactoriel.

Faut-il y voir une récidive du fascisme ? Oui, non... Tout se dit. Personne ne s'accorde.

Pourtant, dans les livres d'Histoire, tout semble clair et identifiable. Et aujourd'hui, nous peinons à appeler un chat un chat.

Je pense qu'il est pertinent de réfléchir à cette indécision sémantique avant de tenter toute définition.

Quand certains hurlent au retour de la peste brune, d'autres appellent à la modération et des derniers ricanent. Fièvre enragée - déni - connivence. N'y a-t-il pas un juste milieu ?

L'indignation habite ceux qui ont toujours été concernés. Le déni couvre ceux qui ont pris pour acquise l'évolution positive des droits de l'Homme. La connivence se dévoile chez ceux qui, directement ou indirectement, appuient la prolifération de la haine.


Notre histoire individuelle, nos connaissances, nos valeurs... beaucoup de facteurs influencent la définition que nous nous faisons du fascisme. Nous en avons tous une perception différente.

Pour oser une définition, il faut donc comprendre la subjectivité portée par ce mot.


DÉFINITION HISTORIQUE

Il est impossible de donner une définition unique du fascisme sans faire de raccourcis malheureux.

La première définition, point de départ de la seconde, est historique.

Le fascisme, c'est, historiquement, le régime politique totalitaire, nationaliste et anticommuniste établi en Italie de 1922 à 1945 par Benito Mussolini.

Cette dictature est l'influence originale du nazisme allemand, de la Phalange espagnole ou des Oustachis croates (entre autres).


DÉFINITION MODERNE

À partir de la fin de la seconde guerre mondiale, quand le fascisme italien et le nazisme allemand sont retournés dans l'obscurité de l'intolérable, le mot fascisme a entamé une lente évolution, suivant les problématiques sociétales.

Il faut bien comprendre que le fascisme (incluant le nazisme) n'a jamais disparu. Il a été relégué au rang de l'intime, banni du domaine public, mais a demeuré en tant qu'idéologie, et même en tant que moteur idéologique pour des groupuscules.


Définition tolérance Lucie Fourcade

Le fascisme se révèle dans plusieurs courants et secteurs, comme un mutant tentaculaire dont les bras se personnalisent en fonction des besoins.

Chaque bras présente une particularité, mais tous cachent un fond commun.

Elle est là, notre définition. Dans ce fond commun.

Le fascisme, c'est le culte de la haine et de l'intolérance, en utilisant l'endoctrinement par la propagande.


Spontanément, j'ai envie de rajouter les notions de racisme, de sexisme, d'homophobie, de répression, de nationalisme, etc. Cependant, avec du recul, ces éléments apparaissent plus ou moins en fonction des courants.

Certains groupuscules fascistes ne sont pas spécifiquement homophobes, ou tolèrent uniquement l'homosexualité féminine. Il y a même des variations dans le racisme (pro-français / pro-européens).

Je me sens un peu nauséeuse à trouver des nuances dans la haine, mais le cheminement intellectuel que j'ai suivi aujourd'hui m'y a contrainte.


LE FASCISME ET L'ANTIFASCISME

La France, et plus vastement le monde, est-elle réinfectée par le fascisme ?

Oui. Des âmes sombrent dans la haine profonde et dans l'intolérance généralisée, endoctrinés par une propagande qui n'est plus subliminale.

Cette réinfection progresse. Elle n'est même plus sournoise. Elle s'affiche et inonde les médias qui semblent avoir perdu toute décence. Elle se "dédiabolise" dans des crânes bourrés d'égocentrisme et de peurs.

L'heure a sonné pour l'antifascisme de se réveiller. Que de ses étincelles survivantes jaillisse l'indignation des Justes.

Ceci n'est pas un appel à la violence, n'en déplaise aux muselières mensongères. C'est un appel à l'indignation.


L'antifascisme ne se définit pas par des rixes entre jeunes enfiévrés capturées par des vidéosurveillances volontairement braquées ou détournées.

L'antifascisme ne se définit pas par des instrumentalisations politiques intéressées.

L'antifascisme ne se définit pas par des théoriciens élitistes planqués dans des appartements haussmanniens.

L'antifascisme, c'est l'indignation populaire qui exige la reconnaissance et le respect des droits et du mérite de chacun.


L'antifascisme, ce n'est pas un mouvement. C'est une réponse.

C'est une entité duale dont l'existence dépend de son double maléfique : le fascisme.

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