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Chronique 114 - 2027 : l’arithmétique de la victoire

  • Photo du rédacteur: Lucie Fourcade
    Lucie Fourcade
  • 8 juin
  • 4 min de lecture

Rassemblée, la gauche gagne. Tout est affaire d’addition.


La gauche peut gagner en 2027.

Le programme existe, la force militante existe, le pays attend le changement.

Une simple multiplication des candidatures suffirait pourtant à lui voler la victoire.

Voter par raison, désormais, c’est rassembler ce qui peut l’emporter.


Lucie Fourcade

1,2 POINT

Interrogé ce 7 juin sur une candidature du NPA à la présidentielle de 2027, Philippe Poutou répond : “ Ça le fera peut-être. Il y a une discussion en ce moment. Moi, je fais partie des camarades qui pensons qu’il vaut mieux éviter ” (source l’Humanité).

L’homme penche pour le rassemblement.

Son parti hésite encore.

Et cette hésitation raconte, à elle seule, le piège dans lequel la gauche s’engouffre à chaque présidentielle.

Ce piège porte un nom : la dispersion.


En 2022, Jean-Luc Mélenchon réunit 21,95 % des voix et manque le second tour de 1,2 point, à moins de 500 000 bulletins de Marine Le Pen (source Toute l’Europe).

La même année, cinq autres candidatures de gauche se présentaient : Yannick Jadot (4,63 %), Fabien Roussel (2,28 %), Anne Hidalgo (1,75 %), Philippe Poutou (0,77 %), Nathalie Arthaud (0,56 %) : près de 10 points éparpillés (source info.gouv.fr).

Rassemblées, ces voix plaçaient la gauche au second tour.


Deux ans plus tard, la démonstration inverse.

Face à une extrême-droite donnée gagnante, la gauche se rassemble dans le Nouveau Front populaire et devient la première force de l’Assemblée, avec 180 sièges, devant le camp présidentiel et le Rassemblement national (source franceinfo).

Le message tient en une ligne : rassemblée, la gauche gagne ; éparpillée, elle perd.


LA PREUVE PAR LE PROGRAMME

Reste à choisir le point de ralliement.

Là, les faits parlent avant les affinités.


De toutes les forces de gauche, La France Insoumise a poussé le plus loin le travail programmatique.

L’Avenir en commun est un programme écrit, chiffré, révisé d’édition en édition, qui couvre la bifurcation écologique, le partage des richesses, les services publics et la refondation démocratique.


Quelques marqueurs concrets, tirés de l’édition 2025 du programme : le retour de la retraite à 60 ans, un SMIC porté à 1 600 € net, le blocage des prix des biens de première nécessité et le passage à une VIe République (source La France Insoumise).


Un programme abouti pèse lourd.

Il sépare une protestation d’une proposition de gouvernement.

Et à gauche, actuellement, le corpus le plus complet et le plus prêt à gouverner porte aujourd’hui un seul nom.


LA FORCE DU TERRAIN

Un programme a besoin de bras pour exister.

Il lui faut une organisation capable de tenir la distance épuisante d’une campagne présidentielle.


Là encore, La France Insoumise aligne l’appareil le plus structuré de la gauche : une mobilisation éprouvée dans la rue comme aux urnes, et le premier groupe de gauche à l’Assemblée.

Ce dernier a plus que quadruplé entre 2017 et 2022, passant de 17 à 75 députés ; et son réseau de groupes d’action, certifiés sur des critères d’activité de terrain, maille le pays via la plateforme Action populaire (source La France Insoumise).


En face, l’empilement des micro-candidatures produit l’inverse : des forces éclatées, des moyens dilués, des militants qui s’épuisent à se concurrencer.


Choisir LFI comme point de ralliement, c’est choisir la force qui peut porter le combat jusqu’au bout.


TROIS OBJECTIONS, TROIS RÉPONSES

Trois objections reviennent, et chacune mérite une réponse franche.


"Mélenchon clive."

En partie vrai, et bien commode pour qui préfère une gauche divisée.

Mais une présidentielle se joue sur un projet et un rapport de force, davantage que sur un tempérament.

Le clivage nourrit le commentaire ; la cohérence d’un programme guide l’électeur.


"Pourquoi pas une primaire ?"

Parce que le calendrier joue contre la gauche, et qu’une compétition interne, à quelques mois du scrutin, rouvrirait les plaies qu’il s’agit de refermer.

La force la plus aboutie existe déjà : la désigner par une bataille d’appareil supplémentaire, c’est perdre en procédure le temps qu’il faut gagner en campagne.


"C’est voter par défaut."

Au contraire.

Choisir la force la mieux armée pour gagner, c’est l’acte le plus lucide qui soit.

Le vote par dépit se subit ; le vote de rassemblement s’assume.


LE VOTE DE RAISON

Reste le mot le plus important : la raison.

On l’oppose souvent à l’émotion, comme si le vote du cœur et le vote utile s’excluaient.

La raison, en politique, c’est la lucidité collective : regarder l’arithmétique en face, mesurer l’enjeu, agir en conséquence.


Voter par raison en 2027, c’est mettre sa conviction au service d’un résultat.

C’est admettre qu’une voix rassemblée pèse plus qu’une voix isolée, si juste soit-elle.

Et qu’une pureté qui conduit à la défaite ne nourrit personne.


LE CHOIX DU RASSEMBLEMENT

La gauche attend un point de ralliement clair, et il existe.

Programme le plus abouti, force militante la plus solide, organisation la plus prête : tout converge vers le même choix.

Reste à le décider ensemble.


Se rassembler derrière La France Insoumise, ce n’est pas diluer ses convictions : c’est leur donner enfin un débouché.

C’est se donner les moyens d’un gouvernement plus juste et plus proche des besoins réels.



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